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Les Trottoirs de Paris

Mardi 28 avril 2009

En bas de chez moi, il y a un des plus petits trottoirs de Paris. Les autres ne sont pas grands non plus, mais celui-là, il est vraiment minuscule. Il a toujours attisé ma curiosité.
Alors un jour que j’avais du temps à tuer et ne sachant pas quoi faire, une idée géniale m’est venue. Je suis descendue, je me suis posée sur le trottoir et j’ai décidé de rester pointée là quelques heures pour observer les passants…

8h00 du matin. Le trottoir est assez désagréable car on voit tous ces gens passer, yeux rivés sur le bitume, recroquevillés sur eux-mêmes, en proie au froid matinal. Ils marchent vite, l’un derrière l’autre, tels de petits soldats imaginaires, baillant, en s’évitant avec grâce et rapidité l’un et l’autre dans le croisement. Une dame pousse sa poussette tranquillement, derrière elle, une autre, bouge frénétiquement à droite, à gauche, cherchant une issue pour la contourner, des rictus d’agacement pleins le visage.
Les gens sont vraiment bizarres lorsqu’ils ne se sentent pas observés, livrés à eux-mêmes.

Vers 10h, ça se calme. Pendant une demi-heure rien d’intéressant à signaler, à part une petite vieille avec son petit chien tout bouclé, qui dépose avec la plus grande insouciance à mon égard, sa crotte, 10 mètres plus loin de mon poste d’observation.
Il part enfin, paniqué, par le boucan du pot-carbone d’une grosse moto qui essaye de se garer. En vain, c’est trop petit. Le motard bien embêté repart.

12H. Enfin la vie sur le trottoir reprend. Trois copains, plutôt beaux garçons d’ailleurs, avancent dans ma direction. Ils se mettent en file et haussent leur voix pour s’entendre parler. Arrivés à mon niveau, ils pouffent de rire. Allez Messieurs, arrêtons de faire les guignols s’il vous plait. Si vous croyez que ça marche comme technique de drague, vous avez tout faux.
Un couple marche enlacé. Alors eux deux c’est drôle, car refusant de mettre fin à leur fusion corporelle, le garçon est bien obligé de traîner un pied sur la chaussée et un autre sur le trottoir.
Juste après un petit garçon roule à toute allure sur sa trottinette. Je m’écrase contre le mur. Sale petit morveux…
Et enfin, la fille du bureau d’en face, sort pour la énième fois fumer sa clope. Depuis la loi anti-tabac, les clopeurs font désormais partis de nos trottoirs.

Et vous, des observations ?

Romance Parisienne

Dimanche 1 février 2009

Le Parisien dans le Metro : un parfait objet d’étude

Jeudi 23 octobre 2008

Le Parisien monte dans le métro, mouvement de tête rapide, gauche, droite, place libre, fonce… À peine assis, il sort le Libé de la poche de sa veste ou un livre portant un titre du genre « La mécanique des sentiments ». Il cale ses genoux de sorte à ne pas toucher ceux du voisin et dans un battement de cil se plonge dans sa lecture. Même son corps change; les épaules se voûtent, les cuisses se serrent, le cou pend, le nez frôle la page.

À partir de ce moment, il devient imperturbable. Tout mouvement ou bruit autour de lui s’efface.
Les cris des clochards, p’tite pièce, ticket résto, bonne journée…, les italiens qui s’extasient bruyamment à la vue de la Tour Eiffel à Birhakeim, les musiciens improvisés qui chantent Bessame Mucho de Nation à Porte Dauphine, le minet en slim, converse et iPod qui descend à Châtelet, les jambes nues sur talons aiguilles qui nous quittent à Etienne Marcel : mince !
Et ce con, il lit encore…

Une amie en visite sur Paris, très impressionnée par les Parisiens dans le métro, m’a dit : « En voilà un peuple cultivé ! S’il y avait le métro chez nous, on serait tous devenus cousins, alors qu’eux deviennent savants».