Les Murs de Paris ont des Oreilles
Lundi 24 novembre 2008J’ai déménagé plus de cinq fois et je suis arrivée à une conclusion : Les murs à Paris sont fins.

♥ Dimanche matin : Ma voisine de gauche s’adonne à sa passion favorite, la flûte. En plus elle joue comme un pied. Bilan : ça fait quatre mois qu’elle en joue, mais je n’ai pas l’impression qu’elle progresse.
♥ Mon voisin homo (coté droit du mur de mon salon), a battu son record de sonorités étranges durant un accouplement qui semble intense. 83 min de ohhhh - ahhhhhh- ouiiiii.
♥ Bruit de robinet, bruit d’eau qui coule, le cri connu de « mon chéri la serviette s’il te plait », allées et venues sur des talons aiguilles. C’est ma voisine d’en haut qui se prépare à aller travailler.
♥ Bruit d’aspirateur sur fond de « I want to break free ».
♥ Drrrrrrrring Drrrring – C’est la sonnerie épuisante de mon voisin commercial qui a installé son bureau à la maison.
♥ Bébé crie à tue tête, la nounou le laisse pleurer.
♥ Questions pour un Champion, Motus, Lez Amours, Téléshopping - et ainsi de suite les émissions télé quotidiennes de la petite mémé d’en face remplissent le vide sourd de ma maison.

♥ Samedi soir. Mlle H organise une petite fête chez elle et elle fait bien les choses : elle met un petit mot à l’entrée de l’immeuble. Les amis viennent, mangent, boivent, discutent, dansent et puis partent. Dimanche matin, en descendant les poubelles de la veille, elle trouve une feuille collée à sa porte avec du gros scotch «Chère voisine, hier soir, vous avez fait preuve d’un manque de respect remarquable à l’égard de votre voisinage. Musique, chant, rires, rien ne nous a été épargné. Félicitations, vous avez réussi à vous faire détester par tout l’immeuble». Signé – Votre voisin
Alors j’ai décidé d’écrire des lettres ouvertes à tous les voisins, et si possible casser une ou deux flûtes. Et puis je n’ai rien à perdre, ils me détestent déjà.





