Mes Résolutions 2009
3 janvier 2009Bonne année à toutes et à tous !

Et vous, vos résolutions 2009 ?

Et vous, vos résolutions 2009 ?

” - Ahhhhh, salut toi, mon petit. Ca fait un moment qu’on s’est pas vus tous les deux, depuis l’Italie je crois, ou le Japon, ou bien le Brésil, je ne sais plus. C’est dommage, je pensais que vivant en France, nos rencontres seraient plus fréquentes. T’es toujours français quand même, rassure moi.
- Ah oui, je sais qu’ils ont été méchants avec toi au dernier siècle, et qu’ils semblent tous avoir oublié tes nobles origines. Je sais qu’ils t’ont répudié, renié, qu’ils t’ont traité de gros pervers et que l’Eglise t’as qualifié d’objet “sale“.
- Mais c’est un peu ta faute aussi tout de même, ça t’as pas suffi d’être le favori de Louis XV et de traîner dans les jupons de Mme de Pompadour, il fallait que tu commences à fricoter avec ces dames de peu de vertus qui faisaient plus que LIRE les écrits du Marquis de Sade.
- Eh oui, mon petit mignon, c’est dur la vie d’une star. Bisous, à la prochaine.»

Je n’ai pas rencontré beaucoup de Parisiens fiers de l’être au point de connaître chaque coin de Paris. Mais parfois, par ceux dont on s’y attend le moins, on peut découvrir des choses étonnantes. Je rêvais d’un guide quand je venais d’arriver en France et ce jour-là, mon pote Yogi, après une séance de photos insolite, m’a raconté l’histoire de la rue Mouffetard, cette petite rue colorée, tout en pavé du 5ème arrondissement.

C’est effectivement une rue très ancienne (partie de la voie gallo-romaine) qui allonge l’avenue des Gobelins. En 1601, Henry IV inaugura une fabrique de tapisserie là où se trouve aujourd’hui la manufacture des Gobelins, juste en haut de l’avenue. Et bien toutes les odeurs peu agréables des tanneries et des gadoues de la fabrique remontaient l’avenue des Gobelins jusqu’à la rue Mouffetard. Alors les habitants et les commerçants de la rue s’écriaient « Quelle moufette, quelle moufette ! » pour exprimer leur désagrément causé par cette puanteur. « Et puis c’est tout », m’a dit Yogi, « et c’est pour ça qu’aujourd’hui on l’appelle la rue Mouffetard ».
Le 9 décembre, invitée par un ami bloggeur, (un ami bloggeur n’est pas un ami comme les autres, car généralement on ne connaît ni sa tête, ni son comportement, on ne le connaît qu’à travers ses écrits), donc je me suis rendu à l’Unesco pour participer à la soirée de Commémoration du 60eme anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.
Youpiiiiii !!! Je suis à Paris, je vais enfin vivre toute seule, je vais enfin avoir mon appart et je vais faire des fêtes de folie. Au revoir maman, au revoir papa, vive l’indépendance.
Ainsi, exclamait H haut et fort à qui voulait bien l’entendre, (cela dit toutes ses copines), son incroyable saut vers une vie d’adulte.
Première étape : chercher l’appartement de rêve, tout beau, tout mignon, avec des toilettes rose bonbon. Sa lecture préférée est devenue un journal hebdomadaire qui s’appelle le PAP. «PETITE STUDETTE DE 9M2, PLEIN DE CHARME, VUE SUR TOUR EIFFEL, PROPRE ET LUMINEUX, PARFAIT ETUDIANT, 3000 FRANCS; OU BIEN AGREABLE CHAMBRE DE BONNE, 10M2, EN PARFAITE ETAT, 7EME ETAGE SANS ASC». Visites le Vendredi 14 septembre à 14h, ramenez votre dossier.
Le vendredi, H bien habillée bien pomponnée, se ramène en face de l’immeuble et découvre étonnée, une foule de personnes, dossiers au bras, qui semblent vouloir tous la même chose qu’elle. Eh bien, à la guerre comme à la guerre - pensa H offrant son plus radieux sourire à l’agent immobilier qui leur faisait un signe de main pour leur montrer la route vers l’APPARTEMENT. Alors cette foule compacte se rua bruyante sur ces escaliers étroits et mal éclairés qui montaient en escargot jusqu’au 7ème étage. C’était un moment interminable et difficile et H déjà au 5ème étage jura qu’elle arrêterait de fumer tout de suite après la signature du contrat de location.
Enfin, un tour de clé, et l’appartement apparut. H jaunit. Le studio ressemblait fort au couloir, tout petit, tout étroit en longueur. On y avait rangé en file à droite une petite table, une chaise, un lit une place, et à gauche deux plaques chauffantes et une espèce d’installation bizarroïde de rideaux qui faisait office de salle de bain. Les toilettes se trouvaient dehors dans le couloir où comme il disait l’agent «dans la partie commune». Il a rajouté qu’il existait une ambiance conviviale entre les locataires. Le cœur serré, H signa le contrat de l’indépendance.
Aujourd’hui une petite histoire pour réconforter tout le monde de ces journées glaciales à Paris. Tenez bon : l’hiver vient juste de commencer, mais il y a des solutions à tout !
Petite expérience qui date depuis mon séjour Danois :

Mercredi 2 octobre 2001, 12h00
Alors que je déambulais d’une démarche bien flemmarde autour des galeries, un son aigu perça le ciel sur ma tête. Le son continua encore et « je le connais ce son, il m’es pas inconnu, il remonte à mon enfance, brrrrrrrrrrrr, ce sont des sirènes d’alarme, des sirènes de guerre »- pensais-je pétrifiée sur le trottoir.
Ça y est, ils sont là, à Paris. Après les Tours Jumelles, ils attaquent les Galeries Lafayette. Mais quelle conne, pourquoi je n’y avais pas pensée avant, les galeries c’est une cible idéale avec tous les friquées-puants-accros du shopping du monde entier, tous ceux qui portent le vice de la consommation immédiate réunis. Le capitalisme avec un grand C. Mais quelle idiote, comme si je ne pouvais pas m’en passer de cette robe Vanessa Bruno. Vite un refuge, poussez vous, un refuge. Putain, il n’y a même pas de refuge ici dans cette ville de capitalistes de merde. zzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzz

J’ouvre mes yeux. Je suis par terre et un type déguisé en pompier me parle d’une voix douce, la plus douce au monde. « C’est rien, Madame, vous êtes tombé dans les pommes. Les sirènes des pompiers vous ont fait paniquer. Elles sonnent tous les premiers mercredis du mois, à midi. »
Malgré mon étourdissement, j’ai pu susurrer : « MADEMOISELLE… Mr le pompier, Et si vous me racontiez en détail l’histoire des sirènes de Paris autour d’un café, on pourrait aller…euh…au bar de la terrasse des Galeries Lafayette, par exemple. Tant qu’on y est, il paraît que vous faites un calendrier aussi ?! ».
Héhéhé, il ne faut pas oublier, je reste une fille quand même…
Ca chuchote à Paris, ça chuchote. Où que vous soyez, dans les magasins, les queues de cinoch, les bars, le métro, les restos, les Parisiens chuchotent doucement leurs vies.
Par ailleurs, les restaurateurs ont tout compris. On prenant en compte le fait que les Parisiens parlent tout bas, ils ont créé des restaurants en mesure : des dizaines de petites tables collées l’une à côté de l’autre, peut importe la taille du resto.
Dans aucun autre pays au monde, les tables ne sont aussi petites qu’à Paris. Ainsi, ces gens, de parfaits inconnus, se retrouvent assis près l’un de l’autre et évitent de se toucher des coudes dans une parfaite harmonie de mouvements coordonnées.
De la sorte, avec art et grâce, ils préservent leur espace et n’envahissent pas celle du voisin. Ils se tiennent droits, jambes serrées, coudes rapprochés à la taille, cous légèrement en avant. Et le plus important, ils parlent si doucement, que les mots sont difficilement audibles pour la table d’à côté. Et le calme règne dans le restaurant.
Vu de loin, toutes ces personnes ainsi serrées l’un à côté de l’autre, qui boivent, mangent et rient, donne un aspect très convivial des restaurants typiquement parisiens. Le seul hic est que généralement la conversation ne s’étend pas à la table voisine.
Même les serveurs sont passés maîtres dans l’art de se faufiler entre les tables avec le plateau. Ils posent les verres, le vin, les assiettes, le pain « pouvez-vous partager avec l’autre table le sel et le poivre, s’il vous plait », et il n’y a plus de place pour l’assiette de supplément salade avec le rumsteck, pas grave, on met la carafe d’eau dans la table voisine, ils sont compréhensifs, ils compatissent…
Eh oui, mais c’est ça aussi le charme des restaurants à Paris…