Les Trottoirs de Paris

En bas de chez moi, il y a un des plus petits trottoirs de Paris. Les autres ne sont pas grands non plus, mais celui-là, il est vraiment minuscule. Il a toujours attisé ma curiosité.
Alors un jour que j’avais du temps à tuer et ne sachant pas quoi faire, une idée géniale m’est venue. Je suis descendue, je me suis posée sur le trottoir et j’ai décidé de rester pointée là quelques heures pour observer les passants…

8h00 du matin. Le trottoir est assez désagréable car on voit tous ces gens passer, yeux rivés sur le bitume, recroquevillés sur eux-mêmes, en proie au froid matinal. Ils marchent vite, l’un derrière l’autre, tels de petits soldats imaginaires, baillant, en s’évitant avec grâce et rapidité l’un et l’autre dans le croisement. Une dame pousse sa poussette tranquillement, derrière elle, une autre, bouge frénétiquement à droite, à gauche, cherchant une issue pour la contourner, des rictus d’agacement pleins le visage.
Les gens sont vraiment bizarres lorsqu’ils ne se sentent pas observés, livrés à eux-mêmes.

Vers 10h, ça se calme. Pendant une demi-heure rien d’intéressant à signaler, à part une petite vieille avec son petit chien tout bouclé, qui dépose avec la plus grande insouciance à mon égard, sa crotte, 10 mètres plus loin de mon poste d’observation.
Il part enfin, paniqué, par le boucan du pot-carbone d’une grosse moto qui essaye de se garer. En vain, c’est trop petit. Le motard bien embêté repart.

12H. Enfin la vie sur le trottoir reprend. Trois copains, plutôt beaux garçons d’ailleurs, avancent dans ma direction. Ils se mettent en file et haussent leur voix pour s’entendre parler. Arrivés à mon niveau, ils pouffent de rire. Allez Messieurs, arrêtons de faire les guignols s’il vous plait. Si vous croyez que ça marche comme technique de drague, vous avez tout faux.
Un couple marche enlacé. Alors eux deux c’est drôle, car refusant de mettre fin à leur fusion corporelle, le garçon est bien obligé de traîner un pied sur la chaussée et un autre sur le trottoir.
Juste après un petit garçon roule à toute allure sur sa trottinette. Je m’écrase contre le mur. Sale petit morveux…
Et enfin, la fille du bureau d’en face, sort pour la énième fois fumer sa clope. Depuis la loi anti-tabac, les clopeurs font désormais partis de nos trottoirs.

Et vous, des observations ?

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5 commentaires pour “Les Trottoirs de Paris”

  1. Laurence dit :

    dis, fais gaffe, tu as certainement entendu parler de cette expression française “faire le trottoir”? parce qu’une fille qui reste des heures sur un bout de trottoir, c’est ultra connoté… j’espère que tu n’as pas eu de propositions indécentes!

  2. Dalyna dit :

    ah j’aime pas ce genre de trottoirs! parler en file indienne c’est désagréable quand même… du coup, la seule solution que j’ai trouvé c’est de risquer ma vie sur la chaussée! lol

  3. luviel dit :

    Je n’aime pas marcher sur des petits trottoirs, surtout le jour de sortie des poubelles.

  4. Mlle H dit :

    hélas, je connais fort bien cette expression laurence. c’est la même dans tous les pays du monde je crois.

    Dalyna, merci. J’ai cherché longtemps l’expression “en file indienne” et j’y suis pas réussi. Je l’avais au bout de la langue, mais ça venait pas. Maintenant grâce à toi, je sais…

    Ah oui Luviel, tu as trop raison. j’avais oublié la sortie des poubelles et leur puanteur et que je passe à coté faisant attention de pas toucher les poubelles…

  5. intrepide dit :

    J’aurais plutôt tendance à observer les gens dans une gare, où on y voit également de tout : des mères qui houspillent leurs enfants ; des amoureux qui s’attendent avec un bouquet de fleurs à la main (ou pas) ; des couples qui s’engueulent. La différence avec un trottoir, c’est justement qu’on peut regarder tranquillement sans que quelqu’un vous regarde fixement (pour en venir au commentaire de Laurence). C’est amusant et très instructif d’observer ainsi le comportement des gens.

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