Archive pour la catégorie ‘Voyages’

Le Pont

Jeudi 21 mai 2009

Non, je ne suis pas folle au point de mettre des bottes ringardes en plein été, mais c’est pour l’Italie que je vous quitte encore !  Eh oui, je fais le pont moi aussi comme des millions de français. Je profite moi aussi des multiples jours férié du mois de mai qui ébranlent les frenchies depuis la nuit des temps. Un avant-goût des grandes vacances.

Comme vous pouvez l’imaginer, je ne vais pas poster cette semaine, mais à mon retour mardi, je vous ferais promis, un compte rendu de mon voyage. Dans le menu, vous trouverez les aventures de Mlle H à Naples, Rome, Capri et Ischia. Je sais que c’est très ambitieux pour un weekend de 4 jours, mais je vais essayer de bien m’organiser et surtout de me lever tôt.

Et vous, votre pont, vous le passez où ?
(p.s : Par ailleurs l’expression « faire le pont » pour désigner le droit de sécher le travail en bonne et du forme, m’amuse.

Mlle H au Paris des Merveilles

Jeudi 2 avril 2009

Mes chers amis, milles excuses pour ma longue absence, mais comme on dit chez vous « pas de nouvelle, bonne nouvelle ». J’espère réussir à me faire pardonner par le récit d’une expérience initiatique.

J’avais rendez-vous avec mon ancien metteur en scène et ami, W, qui était de passage à Paris un seul jour, pour une affaire urgente. W est un vieux monsieur, d’une certaine corpulence, il a des longs cheveux gris, le visage un peu bouffi par l’alcool et les cigarettes sans filtres qu’il fume à longueur de journée, aimant la bonne bouffe et admirateur inconditionnel des femmes auxquelles il a consacré quasi tous ses films. Il est un peu comme un bon vieil oncle avec lequel on ramasse des champignons dans la forêt alors qu’il raconte en détail la vie des arbres et arbustes. C’est un être extrêmement méticuleux dans le travail et même dans ses vices. Selon lui le sacre de l’homme c’est la connaissance.

Dès qu’il me voit, d’un rapide bonjour, W me pousse dans un taxi, direction La Galerie Vivienne, près de la Bourse. On entre dans une petite boutique de livres de photos, puis on nous conduit à une porte un peu plus loin qui donne sur un immeuble somptueux dans son ancienneté. Le maître des lieux nous accueille, silencieux, avec un léger hochement de tête complice pour W. Une brève lueur est passée dans les yeux de W et d’un pas pressant qui déformait sa corpulence, il l’a suivi dans une pièce. C’était une chambre remplie de livres du sol au plafond, des photos tapissaient partout les murs et quelques objets antiques étaient posés de-ci de-là.

Le monsieur posa devant W une enveloppe et une loupe. De ses mains tremblant légèrement, W ouvrit doucement cette enveloppe pour en extraire une toute petite photo qui le laissa coi pendant un long moment. Je sentais qu’il se passait quelque chose de très fort entre les deux hommes et la petite photo mais je n’en saisissais pas le sens. Alors que W était en plein choc admiratif, le Monsieur c’est souvenu de ma présence et a éclairé mon ignorance flagrante :

« C’est une photo prise par Marey en 1882. Le nom de Marey est bien connu pour ses recherches dans l’étude du mouvement chez les êtres vivants et pour y parvenir il a utilisé la photo. Marey trouva le moyen de saisir plusieurs mouvements en une seule photographie. C’est la chronophotographie. Il s’agit des premières images du cinéma. Et W chasse ses photos depuis très longtemps. Moi je trouve pour lui des photos rares qui l’intéressent dans son travail.»

Alors c’est ça, W le méticuleux, W le passionné. Ah, incroyable, W est un chasseur, et ce monsieur aussi. Ce sont des chasseurs d’œuvres d’art, de l’Antiquité, des chasseurs de l’origine de l’homme.

Le monsieur, apparemment sensible à mon étonnement, m’a fait voir d’autre photo de Marey, de Muybridge et puis des photos de Marcel Duchamp, des originales, toutes. J’ai compris que le hasard m’avait donné rendez vous dans un sanctuaire de l’art, bien plus grand que ce que je pouvais comprendre. Le monsieur étalait devant moi des tas de photos étranges et les années défilaient devant mes yeux, 1885, 1912, 1924 …

Hypnotisée, je l’ai suivi dans une autre chambre. C’était la chambre des livres. Tous de très belles reliures. Les livres des premières imprimantes. Il en a pris un dans ses mains et respectueusement l’a ouvert :

« Regarde c’est un Luys, Le docteur Jules Bernard Luys.(1828-1897) était un éminent médecin français neurologue, qui publia l’atlas du système nerveux central utilisant notamment la photographie. Il était obnubilé par la folie, il voulait la comprendre et pourquoi pas la voir. Alors il a photographié le cerveau de certains de ses patients gravement atteints, pour voir la folie. Il restera dans l’histoire comme l’homme qui photographia la folie. Intéressant, non » ricana-t-il devant ma pâleur…

Maintenant, allons dans la chambre secrète. Ici très peu de personnes sont entrées, mais je veux te faire voir quelque chose. »

Il a appuyé sur le nez d’une statuette, et nous sommes entrés. Il y avait un bric à braque incroyable là dedans. Des vases, des photos, des statuettes de tout genre, des objets indéfinissables pour l’homme moderne, la seule chose dont j’étais sûre était leur ancienneté. Je n’osais toucher à rien, de peur qu’ils deviennent poudre sous mon toucher et qu’ils disparaissent à tout jamais.

Le Monsieur m’a montré une photo de couleurs et lignes incompréhensibles (mais bon, j’étais habituée maintenant) et m’a donné des espèces de lunettes bicolores en papier pour la regarder. Et là, la photographie devant moi devenait vivante, je voyais tous les reliefs, des images superposées l’une derrière l’autre. Je souriais tout bêtement avec mes lunettes magiques. «C’est un Anaglyphe et on ne peut le voir qu’avec ce genre de lunettes. Un anaglyphe (XIX siècle) est constitué de deux images superposées de couleurs complémentaires représentant la même scène mais vue de points légèrement décalés. Il restitue un relief. Et maintenant retournons réveiller notre ami W avant qu’il ne soit complètement happé par son Marey ».

Effectivement W était toujours assis là où on l’avait laissé avec la précieuse photo dans une main et sa carte de crédit dans l’autre. Le Monsieur m’a offert trois livres de sa maison d’édition présentant des vielles photos et leurs histoires avant de partir, m’invitant à la galerie pour les expositions futures. Ainsi je suis partie, songeant à cet endroit avant que W ne me sorte de cette rêverie en m’invitant boire une bière pour parler….cinéma…eh oui, encore.

Mes remerciements à Werner et à Serge Plantureux qui m’ont ouvert un monde qui va au-delà de l’art. Une adresse pour les curieux :

Librairie Serge Plantureux 4 Galerie Vivienne 75002 Paris
www.sergeplantureux.fr

En Italie…

Jeudi 12 mars 2009

Il peut t’arriver ça :

…puis tu peux te permettre de demander, sans que personne te regarde de travers… ça :

…et puis, alors que tu te balades tranquillement dans les rues, il peut t’arriver ça aussi :

Roma Città Aperta

Samedi 7 mars 2009

« J’en ai marre de cette pluie qui nous colle aux os depuis des mois et des mois, j’en ai trop marre de ce gris opaque constant au-dessus de nos têtes, du métro, des gens malpolis et indifférents. Je n’en peux plus de cette déprime hivernale qui s’allonge, je suis cassé en deux, en trois, en milles, je suis craquelée tout au long de mon corps voûté.

Eh oui, aussi incroyable que cela puisse te paraître, j’en ai marre de toi, Paris. Je crois qu’il vaut mieux qu’on arrête de se voir un temps, qu’on prenne des distances tous les deux. »

Ça y est, maintenant tout est fini - pensa H, et tout émue, comme d’ordinaire dans ce genre de situation de rupture, alla défouler sa peine auprès de ses copines, auprès de ses oreilles fidèles infatigables. Et elle a eu raison car le lendemain à 7h du matin, toutes les quatre, se sont retrouvées dans le premier avion pour Rome.

Rome, la ville ou les femmes règnent telles des déesses sous les lumières tamisées du Colisée. Où nous toutes, belles, moches, grandes, petites, difformes, vivons au soleil, sous les regards approbateurs de tous les hommes, des regards qui semblent nous remercier de notre existence. Où la galanterie n’est pas un phénomène en voix de disparition.
Vite un cocktail – avant que je m’emballe dans des odes élogieuses de la vieille ville.
Soif éthérée, euphorie stellaire, besoin immédiat d’aller chez « Freni et Frizioni, mon bar préféré du Trastevere, Vodka, gingembre, cannelle, framboises, toutes les couleurs de l’arc-en-ciel dans mon verre. Je me sens revivre et puis je bois et rebois encore.
Chantant « Milord » nous laissons loin derrière nous le Tevere et nos pieds nous emmènent sur les Fori Imperiali. 4 heures du matin et il n’y a que nous et les vieilles colonnes romaines, les murs de la ville antiques, immuables, muets et silencieux depuis l’éternité. On arrête nos pas et on se tait instinctivement, comme dans un geste de profonde vénération face à l’œuvre originel de l’homme. Notre temps s’efface, on épie silencieusement l’Antiquité.
« J’ai l’impression d’être une des servante de Néron »-susurre M.
« S’ils nous voyaient nous avec les fringues de notre époque, ils nous prendraient sûrement pour des gens d’une autre planète ou pour des nouveaux dieux » - avança I.
Les sons humains de nos paroles ont cassé la magie, et on est repartie vers notre Bed&Breakfast, songeant au secret de la vieille ville.

Beach Sex Party…You wish !

Mardi 28 octobre 2008

Tout a commencé à Rimini, en Italie.. Grande chambre d’hôtel 5 étoiles, face à la mer, bons restos, et tout le tralala du voyage d’affaire. Rimini à la réputation d’être la ville BSP (beach-sex-party) de l’Italie. Toute la jeunesse dorée de l’Italie du Nord va se trémousser dans les boîtes très hot sur la plage.

C’est peut être la petite Ibizza d’Italie, mais en hiver Rimini est une ville morte : des routes vides, du brouillard, on se croirait dans un film d’Antonioni.

Alors pour me consoler, j’ai décidé d’aller boire mon ristretto dans un bar sur la plage. J’ai fait des kilomètres de côte déserte, décoré de petites cabanes en bois, faisant office de café, mais tout était fermé. La vue d’un chien errant m’a persuadé à abandonner l’idée d’un kawa sur la plage.

MAIS, heureusement qu’il y a les Italiens à Rimini , ils m’ont sauvé!

Imaginez une ville maritime tristounette en hiver, avec un seul bar comme attraction nocturne, on y met un beau serveur, Italien par dessus tout et le tour est joué. Il n’y a pas mieux pour émoustiller la pauvre touriste en quête d’aventure. Il connaît son travail, il est généreux avec nous toutes. Il nous sourit, pose avec nous pour nos photos souvenirs, prépare des cocktails spéciaux aux gingembre et fruits de la passion. Qu’il est beau Roberto !

Et puis il y a Diego que j’ai rencontré dans ce lieu convivial qu’est la queue des toilettes. On y papote, on y ragote, on se chamaille…
Lui c’est l’homme accompli, d’un charisme ravageur, plein d’humour, habillé avec goût, à l’aise en société et avec les femmes et heureusement pour moi amoureux de sa ville et de son histoire. Il m’a montré les bateaux et la maison de Fellini.

Et Andrea….Ce tendre Andrea, ancien danseur étoile avec qui on refait le monde et on parle de littérature tout en dégustant une merveilleuse grappa de 20 ans d’age.

Ah l’Italie et ses éternels amoureux de femmes ! Mlle H chavire…