Le trou normand
Mardi 6 janvier 2009
Le 24 au soir, dîner de Noël chez la mère de mon ami français, le 25, déjeuner chez le père de l’ami français, le 25 au soir j’étais invité à une bouffe organisé par mes concitoyens, quant au 31 décembre… mes souvenirs sont un peu brouillés pour cette nuit-là, alors je préfère oublier ceux qui me restent. Le 1er Janvier, ma sœur et son petit ami, m’invite manger des restes du réveillon.
À l’évocation du mot « manger », mon estomac se tord, mes tripes frémissent, je sue. Cette course effrénée à la bouffe depuis une semaine m’a épuisé, j’en ai ma dose de ces mélanges visqueux d’huîtres et de foie gras, de dindes farcies et de bûches beurrées chocolatées frangipanées, beurk… Mais bon, quand on commence à toucher le fond, il vaut mieux se laisser aller jusqu’au bout (pour mieux remonter après). Et puis, ma sœur et Lui sont des gens sympas et les traditions, il faut les respecter.
Alors j’ai accueilli avec résignation dans mon bide mon premier verre de champagne et la première bouchée de foie gras. Entre les blablabla sur le nouvel an et le changement des mets (dinde froide mayonnaise en vue), IL me tend avec cérémonie un petit verre d’un liquide qui ressemble fort à du cognac. C’est du calvados, m’explique-t-il, ça sert à faire le trou normand, qui lui même sert à te creuser l’estomac de sorte à ce que tu puisses le remplir à nouveau. Cela permet aux grands gourmands de se remplir la panse et de jouir à leurs repas sans avoir de problèmes d’indigestion, continue-t-il. C’est une tradition normande d’où le trou normand.
Bon, lui il est plutôt du Sud alors je ne vois pas trop pourquoi il s’attache tant à des valeurs du Nord, mais à la fin du dîner, j’en ai déduit qu’il avait d’excellentes raisons et que son machin normand fonctionnait drôlement bien.
Si vous connaissez d’autres histoires de trous normands, n’hésitez pas à m’en parler, dorénavant c’est un sujet qui m’intéresse et une tradition que je compte exporter.








