Les Usagers du Métro
Mardi 24 février 2009Paris. Froid glacial. Les rues sont vides, mais eux ils sont encore là.
Ils sont partout. Assis en dessous d’un guichet de banque, bouteille à la main devant un Franprix, allongés sur le trottoir, couchés sur un banc de métro. Et encore, dernièrement ils se voient dépourvus de cette option, car la RATP a remplacé les bancs par des chaises glissantes. Néanmoins, ils rodent toujours dans le coin, ces usagers éternels du métro. Les plus chanceux, ceux qui n’ont pas encore sombré, réussissent à exister par leur chant rauque ou par leur voix monocorde qui quête l’argent à travers les allées de voyageurs; les autres n’existent que par leur puanteur.
«Il n’y a pas toujours des sous à donner, mais un sourire sur les lèvres, ça détend», ainsi répétait son refrain du jour cette vielle femme, d’une soixantaine d’année, une clocharde comme on en rencontre souvent quand on est une habituée du métro comme moi. Elle avait un chapeau violet sur la tête, large et difforme, ce qui la distinguait de nous autres, êtres grisâtres se fondant dans la foule métromane parisienne.
«Baisse ta tête et lis parisien
Baisse ta tête et écoute ton refrain journalier
Baisse ta tête et hume la cage à souris»
Pour mon ami, Al…








