Archive pour la catégorie ‘Métro’

Les Usagers du Métro

Mardi 24 février 2009

Paris. Froid glacial. Les rues sont vides, mais eux ils sont encore là.
Ils sont partout. Assis en dessous d’un guichet de banque, bouteille à la main devant un Franprix, allongés sur le trottoir, couchés sur un banc de métro. Et encore, dernièrement ils se voient dépourvus de cette option, car la RATP a remplacé les bancs par des chaises glissantes. Néanmoins, ils rodent toujours dans le coin, ces usagers éternels du métro. Les plus chanceux, ceux qui n’ont pas encore sombré, réussissent à exister par leur chant rauque ou par leur voix monocorde qui quête l’argent à travers les allées de voyageurs; les autres n’existent que par leur puanteur.

«Il n’y a pas toujours des sous à donner, mais un sourire sur les lèvres, ça détend», ainsi répétait son refrain du jour cette vielle femme, d’une soixantaine d’année, une clocharde comme on en rencontre souvent quand on est une habituée du métro comme moi. Elle avait un chapeau violet sur la tête, large et difforme, ce qui la distinguait de nous autres, êtres grisâtres se fondant dans la foule métromane parisienne.
«Baisse ta tête et lis parisien
Baisse ta tête et écoute ton refrain journalier
Baisse ta tête et hume la cage à souris»

Pour mon ami, Al…

Episode de Métro #1

Samedi 20 décembre 2008

Le Parisien dans le Metro : un parfait objet d’étude

Jeudi 23 octobre 2008

Le Parisien monte dans le métro, mouvement de tête rapide, gauche, droite, place libre, fonce… À peine assis, il sort le Libé de la poche de sa veste ou un livre portant un titre du genre « La mécanique des sentiments ». Il cale ses genoux de sorte à ne pas toucher ceux du voisin et dans un battement de cil se plonge dans sa lecture. Même son corps change; les épaules se voûtent, les cuisses se serrent, le cou pend, le nez frôle la page.

À partir de ce moment, il devient imperturbable. Tout mouvement ou bruit autour de lui s’efface.
Les cris des clochards, p’tite pièce, ticket résto, bonne journée…, les italiens qui s’extasient bruyamment à la vue de la Tour Eiffel à Birhakeim, les musiciens improvisés qui chantent Bessame Mucho de Nation à Porte Dauphine, le minet en slim, converse et iPod qui descend à Châtelet, les jambes nues sur talons aiguilles qui nous quittent à Etienne Marcel : mince !
Et ce con, il lit encore…

Une amie en visite sur Paris, très impressionnée par les Parisiens dans le métro, m’a dit : « En voilà un peuple cultivé ! S’il y avait le métro chez nous, on serait tous devenus cousins, alors qu’eux deviennent savants».