Archive pour novembre 2008

Les Tables de Paris

Dimanche 30 novembre 2008

Ca chuchote à Paris, ça chuchote. Où que vous soyez, dans les magasins, les queues de cinoch, les bars, le métro, les restos, les Parisiens chuchotent doucement leurs vies.

Par ailleurs, les restaurateurs ont tout compris. On prenant en compte le fait que les Parisiens parlent tout bas, ils ont créé des restaurants en mesure : des dizaines de petites tables collées l’une à côté de l’autre, peut importe la taille du resto.
Dans aucun autre pays au monde, les tables ne sont aussi petites qu’à Paris. Ainsi, ces gens, de parfaits inconnus, se retrouvent assis près l’un de l’autre et évitent de se toucher des coudes dans une parfaite harmonie de mouvements coordonnées.

De la sorte, avec art et grâce, ils préservent leur espace et n’envahissent pas celle du voisin. Ils se tiennent droits, jambes serrées, coudes rapprochés à la taille, cous légèrement en avant. Et le plus important, ils parlent si doucement, que les mots sont difficilement audibles pour la table d’à côté. Et le calme règne dans le restaurant.

Vu de loin, toutes ces personnes ainsi serrées l’un à côté de l’autre, qui boivent, mangent et rient, donne un aspect très convivial des restaurants typiquement parisiens. Le seul hic est que généralement la conversation ne s’étend pas à la table voisine.

Même les serveurs sont passés maîtres dans l’art de se faufiler entre les tables avec le plateau. Ils posent les verres, le vin, les assiettes, le pain « pouvez-vous partager avec l’autre table le sel et le poivre, s’il vous plait », et il n’y a plus de place pour l’assiette de supplément salade avec le rumsteck, pas grave, on met la carafe d’eau dans la table voisine, ils sont compréhensifs, ils compatissent…

Eh oui, mais c’est ça aussi le charme des restaurants à Paris…

Branchouille Branchouille

Jeudi 27 novembre 2008

Previously on 24

Mardi 25 novembre 2008
THE FOLLOWING TAKES PLACE BETWEEN 03:00 P.M. AND 05:00 P.M.
EVENTS OCCUR IN REAL TIME

Jack Bauer est de retour. Le 23 Novembre, Fox a diffusé un prélude de la saison 7 de 2h, 24-Redemption. Rien que pour nous mettre en appétit pour la suite en Janvier et pour faire patienter tous les fans énervés qui entre les grèves des scénaristes et les histoires judiciaires de Kiefer, n’en peuvent plus d’attendre.
Moi ça y est, en bonne groopie, j’ai déjà maté, mais je ne peux rien vous dire. Hihihihihi

Les Murs de Paris ont des Oreilles

Lundi 24 novembre 2008

J’ai déménagé plus de cinq fois et je suis arrivée à une conclusion : Les murs à Paris sont fins.

Dimanche matin : Ma voisine de gauche s’adonne à sa passion favorite, la flûte. En plus elle joue comme un pied. Bilan : ça fait quatre mois qu’elle en joue, mais je n’ai pas l’impression qu’elle progresse.

Mon voisin homo (coté droit du mur de mon salon), a battu son record de sonorités étranges durant un accouplement qui semble intense. 83 min de ohhhh - ahhhhhh- ouiiiii.

Bruit de robinet, bruit d’eau qui coule, le cri connu de « mon chéri la serviette s’il te plait », allées et venues sur des talons aiguilles. C’est ma voisine d’en haut qui se prépare à aller travailler.

Bruit d’aspirateur sur fond de « I want to break free ».

Drrrrrrrring Drrrring – C’est la sonnerie épuisante de mon voisin commercial qui a installé son bureau à la maison.

Bébé crie à tue tête, la nounou le laisse pleurer.

Questions pour un Champion, Motus, Lez Amours, Téléshopping - et ainsi de suite les émissions télé quotidiennes de la petite mémé d’en face remplissent le vide sourd de ma maison.

Samedi soir. Mlle H organise une petite fête chez elle et elle fait bien les choses : elle met un petit mot à l’entrée de l’immeuble. Les amis viennent, mangent, boivent, discutent, dansent et puis partent. Dimanche matin, en descendant les poubelles de la veille, elle trouve une feuille collée à sa porte avec du gros scotch «Chère voisine, hier soir, vous avez fait preuve d’un manque de respect remarquable à l’égard de votre voisinage. Musique, chant, rires, rien ne nous a été épargné. Félicitations, vous avez réussi à vous faire détester par tout l’immeuble». Signé – Votre voisin

Alors j’ai décidé d’écrire des lettres ouvertes à tous les voisins, et si possible casser une ou deux flûtes. Et puis je n’ai rien à perdre, ils me détestent déjà.

Sous le Ciel de Paris

Jeudi 20 novembre 2008

Quand on vient à Paris, et on se promène dans ses rues, sur ses ponts, on regarde les bouquinistes, on boit un chocolat chaud sur une terrasse, il y a cette phrase qui ressurgit d’un coin de la tête comme une vieille croyance lointaine : Paris est romantique.

En effet, je marche sur le Pont des Arts, et je vois Notre Dame, légendaire, la Conciergerie d’où le vent souffle encore sur la Seine les pleurs de Marie-Antoinette qui à l’annonce de son exécution, a blanchi dans la nuit. J’entends cette vieille dame qui chante « Sous le ciel de Paris ». Je vois de loin cette foule de japonais, qui photographient un monsieur en bronze immobile sur l’Ile St Louis.

Et moi, je sasse et ressasse les rues de Paris à la recherche de ce romantisme. Existe-t-il vraiment ou même dans la ville de l’amour « romance is dead ».

Car je note des détails qui me laissent perplexe sur le Pont des Arts. Les gens qui marchent sont tous voûtés sous leurs manteaux, ils y mettent même la tête dedans, et ils marchent sans un regard pour nous, étrangères, en quête de Romance à la Parisienne. Ils marchent froids, impassibles, vites. Ils tracent, comme on dit par ici.
Et d’un coup sur le pont, la dame qui chante “Sous le ciel de Paris” a été remplacée par des jeunes très colorés et plein d’étoiles bleues et jaunes, qui dansent… C’est quoi déjà…Ah oui, la tectonique. Fini les sons de l’accordéon. Et un vieux crachat qui commence. C’est déprimant Paris !

D’un coup, je vois deux personnes faire des mouvements étranges. Ils ouvrent une grande valise orange. Le garçon sort deux tréteaux et il y installe une planche par-dessus. La fille écarte doucement le papier en bulle, y sort deux verres de vin qu’elle pose ensuite délicatement sur cette table improvisée. Et puis elle sort la bouteille de vin, elle commence à lire l’étiquette, lui aussi il s’approche pour lire, leurs têtes se touchent, et puis ils se regardent dans les yeux et ils s’embrassent.
Mon cœur n’a fait qu’un bond. Et instantanément j’ai crié «ça existe encore».

Et comme par hasard, alors que mes deux inconnus dégustaient leur château Latour, le vent ramenait de l’Ile Saint Louis :
« Et le ciel de Paris
A son secret pour lui
Depuis vingt siècles il est épris… »

Et si j’apprenais le Chinois

Mercredi 19 novembre 2008

La Crise Economique Vue par Mlle H

Lundi 17 novembre 2008

et si je faisais la Grève ce weekend ?!

Samedi 15 novembre 2008

Aujourd’hui
Je google le mot grève - résultat dans l’actualité, articles de moins de 15 heures :

Grève des pilotes : près d’un avion Air France sur deux cloué au sol - Le Monde
SNCF: deux grèves successives de conducteurs - AFP
Caisse d’Epargne: sept syndicats appellent à la grève - Le Parisien
Grève des arbitres dans l’Allier - Le Monde
Grève massive des enseignants au collège Brossolette - Le Parisien

J’étais désemparée devant cette évidence. Plus de huit grèves différentes en France rien qu’aujourd’hui. Hum… Ce n’est pas juste une impression alors, c’est vrai que la grève est un « sport national français ». C’est une pensé que je n’ai jamais osé exprimer très haut, pensant que tous allaient me sauter à la gorge pour piétinement de ce concept de haute démocratie. Mais là, une évidence d’abus de ce droit durement acquis, me donne du courage pour vous le dire.

Saviez-vous que la France qui compte le moins de salariés syndiqués est aussi le pays d’Europe qui présente le plus grand nombre de jours de grève par an. Est-il encore possible de proposer des changements ou des réformes en France sans passer directement par la case “GREVE”?

La première fois que je n’ai pas pu prendre le métro à Paris pour cause de grève, j’ai été très impressionnée et admirative pour ce peuple courageux, par ce mouvement qui exprimait avec force la contestation d’une injustice. J’étais là et je me disais “bravo les gars, vous avez tous compris”. D’où je viens, ce n’est pas comme ça…

Et puis, au fil des années, j’ai noté que la grève était une habitude. Depuis 6 ans, chaque début septembre, j’achète un vélo prévoyant la grève générale des transports du mois d’octobre. Eh oui, dommage, mais dans ma tête la grève, c’est plus ça, c’est juste un truc où les gens se disent “ah non, encore…”

Pourtant c’était bien parti. Tout est partie de la Place de Grève à Paris, rebaptisée place de l’Hôtel de Ville le 19 mars 1803. Cette grande place située aux berges de Seine était aussi le plus grand port de marchandise de Paris. Les hommes sans emploi y trouvaient une embauche facile pour les chargements et déchargements. On les appelait les grévistes.

La grève a longtemps été interdite et les grévistes étaient emprisonnés. Mais en 1864, la loi Ollivier autorise le droit de grève. Et seulement en 1946, la constitution reconnaît la grève.

Alors s’il vous plait, mes amis, faîtes de ce droit une force et non pas un torchon.

Lettre de Filles à l’Amour

Jeudi 13 novembre 2008

F*** !

Lundi 10 novembre 2008