Le 20ème - Quartier de Paradoxes

30 juin 2009

Je vis les quartiers de Paris par période. Il n’y aucun lien logique qui fait que je vais passer un mois entier à sortir systématiquement dans le Marais plutôt que dans Saint Germain. Tout ce que je sais, c’est que j’ai passé mon hiver à flâner vers la rive gauche, et puis un soir je n’y suis plus allée. Comme je sais que cela fait deux mois que mes talons résonnent sur les pavés du 20ème, du Canal jusqu’à Ménilmontant.
Alors j’ai eu envie d’écrire sur les quartiers de Paris, si différents, chacun ayant ses âmes si particulières. Et pourquoi pas commencer avec le 20ème, l’arrondissement des paradoxes, le quartier où les ethnies et les fameux bobos se côtoient sans pourtant vivre ensemble, l’endroit ou des chinois sans papiers et des fashionistas à la pointe de la mode parisienne peuplent les ruelles, là où juifs et arabes vont promener leurs enfants dans le même parc.

Belleville, où le matin pour trouver un croissant il faut aimer marcher jusqu’à l’avenue Simon Bolivar. Belleville et ses cantines chinoises où tu manges une excellente soupe aux raviolis et de nouilles tirées à la main pour seulement 5 euros. Et puis quand il fait beau, rien de mieux pour la sieste que les pelouses de l’immense Parc des Buttes-Chaumont ou du Parc de Belleville avec sa vue plongeante sur Paris.

L’heure de l’apéro arrive et le rendez-vous quotidien d’une foule variée est sans aucun doute aux Folies. Des intermittents de spectacle, des DAs, des chinois, des anars, des créateurs d’associations et des directeurs de boîtes de com, boivent ensemble leur premières bières (à 2 euros) et fument des clopes et des cigarillos.  Une espèce de Café Flore populaire. Pour se ruer après sur les berges du canal Saint-Martin et pique-niquer dans le plus absurde des endroits. Ainsi ils mangent et boivent à côté de voitures et camions, sur le bitume des trottoirs, et ils sont contents et en plus c’est bien vu en ce moment un pique-nique au Canal, bien mieux que sur les berges de la Seine truffés de touristes. C’est tout simplement parisien et cela n’a rien à voir avec la cohérence. Les quartiers ont leur propre logique. Et même moi, avec ma tête si bien pensante, je me laisse entraîner dans les veines du quartier et j’aime moi aussi manger des sandwichs poussiéreux sous l’odeur du diesel. Et je suis la foule chez Prune pour un dernier verre, et puis à l’Hôtel du Nord pour un autre dernier verre, histoire de voir c’est quoi les nouvelles sandales à la mode, histoire de voire et d’être vue. Car c’est tellement bien de finir cette journée  dans l’effervescence pétillante de l’Hôtel du Nord.

Mais en fait, ce n’est jamais fini, car mon portable sonne et des copains sont à la Bellevilloise pour un concert organisé par Radio Nova, alors direction Ménilmontant, je pars danser cette fois-ci. Des sons excellents, des odeurs de sueur se dégagent de la foule déchaînée, des  queues de toilettes d’une demi-heure, des queues de vestiaire d’une autre demi-heure, des queues de fumoir interminables. Mais on s’est beaucoup amusé et surtout on a DANSÉ.

Fatiguée enfin, je prends une copine par le bras et on s’en va enfin direction maison. Pas de taxi en vue, alors on attend, toujours pas de taxi car à Paris quand t’en as besoin, il n’y en a jamais. Et là un type se pointe, me met une main aux fesses, je le traite d’ignoble connard, et voilà mon courage verbal qui se trouve récompensé par un coup de poing sur le visage de ma copine. J’appelle la police. Le bourrain part en courant, des gars ont assisté à la scène sans rien faire car ils ne veulent pas d’histoires, mais ils sont curieux néanmoins de savoir ce qui s’est passé. Et ces trois parisiens bien comme il faut nous ont gentiment proposé d’attendre avec nous jusqu’à ce qu’un taxi arrive. Eh oui, ça peut être ça aussi Paris : la ville des paradoxes.

En Juin

24 juin 2009

Je sais, je n’assure pas. On pourrait dire que Mlle H végète ou bien qu’elle se repose.

En fait pas vraiment, j’ai eu de projets de vie essentiels qui m’ont tenu loin de la vie parisienne et de mes petites enquêtes quotidiennes… Je n’ai plus trop mis mon nez dehors.

Cela dit j’aurais eu des choses à raconter, une ou deux expos que j’ai faites, des nouveaux coins que j’ai découvert, quelques histoires de drague, la fête de la musique, mais….
La vérité c’est que ce mois de juin m’a déprimé. Quand j’ai pique-niqué sur l’île St Louis, il s’est mis à pleuvoir. Puis quand enfin, j’ai acheté des nouvelles petites sandales d’été, il a encore plu .

MAIS, j’attends juillet positivement !

My Fashion Paris

2 juin 2009

Depuis que je vis à Paris, j’ai commencé à apprécier la mode française, avec son élégance qui en a fait sa renommé. Je suis arrivée à Paris avec plein d’idées préconçues sur cette mode avec des visions de Chanel, Yves Saint Laurent et Louis Vuitton en tête. Mais j’ai trouvé tout autre chose : les Parisiennes s’habillent avec discrétions, leurs couleurs préférées sont le gris, le beige, le crème, les couleurs pâles, les coupes sont simples, les formes plutôt larges et confortables. Les rues de Paris sont remplies de ces filles pas maquillées, habillées d’une tunique grise, des leggings, et une paire de ballerine. Cela est très loin du chic ravageur de Chanel, mais beaucoup de jeunes créateurs français, jusqu’à ici inconnus par moi, se sont emparés de l’image de cette réelle Parisienne pour créer et leur offrir une mode sur mesure. Ils séduisent par leur mode douce, avec des volumes créatifs, élégante mais sans chichis, ils allient naturel et raffinement. (Dans une interview Isabel Marrant disait que sa couleur préféré était la non-couleur). Des créateurs tels que Vanessa Bruno, Zadig et Voltaire, Maje, Sandro, Isabel Marrant, Comptoir des Cotonniers, Les Petites, sont dans la bouche de toutes les filles. Et justement, le bouche à oreille sur ces créateurs fonctionne si bien et les rumeurs mode se répandent si vite, qu’ils arrivent jusqu’à moi qui ai décidé aujourd’hui de les dire haut et fort à qui veut bien les entendre. Et les voilà les bons plans de la semaine les filles :


PS : Personnellement je préfère largement Tara Jarmon et Chloé pour leurs couleurs vives et puissantes, leur élégance extravagante car cela va mieux avec mon caractère, mes influences culturelles et la non-fille naturelle que je suis.

Le Pont

21 mai 2009

Non, je ne suis pas folle au point de mettre des bottes ringardes en plein été, mais c’est pour l’Italie que je vous quitte encore !  Eh oui, je fais le pont moi aussi comme des millions de français. Je profite moi aussi des multiples jours férié du mois de mai qui ébranlent les frenchies depuis la nuit des temps. Un avant-goût des grandes vacances.

Comme vous pouvez l’imaginer, je ne vais pas poster cette semaine, mais à mon retour mardi, je vous ferais promis, un compte rendu de mon voyage. Dans le menu, vous trouverez les aventures de Mlle H à Naples, Rome, Capri et Ischia. Je sais que c’est très ambitieux pour un weekend de 4 jours, mais je vais essayer de bien m’organiser et surtout de me lever tôt.

Et vous, votre pont, vous le passez où ?
(p.s : Par ailleurs l’expression « faire le pont » pour désigner le droit de sécher le travail en bonne et du forme, m’amuse.

Un Corps Parfait - Part 2

18 mai 2009

Et voilà, que pleine de férocité, je me rends à mon premier cours de hip hop. C’est parfait pour moi, la prof a l’air aussi agressive et haineuse de graisse que moi. On fait des abdos à n’en plus finir, 120, 150, à 190 je lâche, mais une voix me rappelle à l’ordre « allez les girls, on fight, on fight ». Après il faut faire des pompes. Alors là je suis complètement nulle. Je n’ai jamais su en faire et puis je déteste ça. Je me sens trop ridicule car à chaque fois que j’essaye de monter tout le corps en ligne droite, eh bien ça rate, il y a le cul qui s’élève et je ressemble à un dromadaire. Enfin, jusqu’à là, je ne m’étais pas rendue compte que cela arrivait dans le meilleur des cas. J’étais sur le point de me confronter au pire. Tout à coup, mes bras ont tremblé si fort que je me suis retrouvé affalée par terre avec la douleur du choc de cette chute de quelques centimètre qui me tenaillait le ventre et les hanches.
Je ferme les yeux. J’ouvre les yeux. Elle se tenait là devant moi, telle une hyène avec sa grande crinière rousse et sa bouche énorme qui criait : You will fighttttttttttttttt. Debouuuuuuuuuuuuuut. Je ne me le suis pas fait dire deux fois.

Enfin la prof annonce la fin du travail sur les muscles (du cauchemar) et la musique de Miss Platnum commence. C’est le moment d’apprendre la chorégraphie. Je m’amuse beaucoup. Je suis toute fière, je connais les mouvements, j’y arrive les doigts dans le nez. Jusqu’au moment où en pleine pirouette, la voix de la prof surgit soudainement « H, vous n’êtes pas dans un cours de danse contemporaine, mais dans un cours de hip hop. Et le hip hop les filles, ça a du chien. Maintenant, Listen to the rhythm et go encore une fois. Et puis elle est venue à coté de moi, elle a commencé à danser. On faisait les mêmes mouvements, mais ils semblaient tellement différents, les siens avaient la classe.

Le soir, chez moi j’essayais les mouvements devant la glace, je me sentais si tonique. Le lendemain j’avais des courbatures partout, alors j’ai passé la journée au lit contente de cette preuve d’efficacité de mon cours (d’un point de vue sportif). Je me suis dit que la prochaine fois j’allais échanger mon leggings contre un jogging.

Un Corps Parfait - Part 1

11 mai 2009

Deux mois que j’angoisse. Deux mois déjà, que toutes les couvertures de magasines font leur une sur le dictat de la minceur « comment maigrir avant l’été, comment perdre son ventre avant d’aller à la plage, une barre de chocolat égale 1h30 de course ». Je ne peux plus marcher dans la rue sans être confrontée à ces beautés si minces, ci blanches, de la France.

Personnellement, je suis plutôt ce qu’on appelle une beauté méditerranéenne, avec la peau mate couleur huile d’olive, des hanches larges, un ventre plutôt rond que plat. Je ne m’étais jamais sentie dodue avant d’arriver à Paris. Pendant des années j’ai essayé de percer le mystère de la minceur des françaises, (bien entendu chez nous ces filles passent pour des malades squelettiques, mais bon je vis ici, alors je me conforme aux coutumes et aux goûts du pays), pour arriver à la conclusion que leur squelette est plus petit que le notre, que leur os sont plus étroits, aussi bien chez les filles que chez les garçons, qui eux aussi sont moins large d’épaules, et plus fins des cuisses que les gars de chez nous. Donc la minceur chez les Françaises est génétique, donc rien à voir avec une certaine volonté à ne pas s’engouffrer de chocolat et de glaces. Une fois arrivée à cette conclusion, je me suis réconciliée avec mon corps et moi-même et étrangement j’ai maigri.

Deux mois que j’angoisse car avec l’arrivée des beaux jours, la mer et la plage ne ressemblent plus à un beau souvenir d’une vie passée, dans moins de trois semaines, ce corps qui sommeillait sous la graisse hivernale va devoir s’étaler gracieusement sur des rochers de calanques chauffés par le soleil. Alors les temps sont serrés, on passe à la vitesse frénétique. Vite, Google, mon ami, il me faut des cours, des cours qui feront bouger mon corps, qui vont attaquer ma graisse dégoulinante, dégoûtante, et la feront disparaître. Abdos, fessiers, cuisses, bras… la spirale des tourments qui commence…

A suivre…

Ma Première Fois

8 mai 2009

Le muguet du 1er mai

1 mai 2009

J’ai mis le réveil très tôt ce matin. Je voulais profiter du calme matinal et des premiers rayons de soleil, pour me promener dans les rues avant que la ville se réveille. Quelle fût ma surprise de voir dès 6 heures du matin, des dizaines de marchands de fleurs blanches faisant le guet des âmes passantes.
« Mademoiselle, des muguets… », entendais-je partout derrière mes pas. Le marché se réveillait. Les vendeurs de fruits et légumes discutaient tous ensemble buvant leur café. Les boulangeries n’étaient pas encore ouvertes. Tout d’un coup, la porte de camion s’ouvrit et une tête rousse, un peu hirsute sortit en baillant. L’homme, qui visiblement avait passé la nuit là, sortit de son sac de couchage et commença à installer un petit stand de muguet.

Lors de ma petite promenade parmi ces marchands bavards j’ai appris que le muguet du premier mai est une fleur porte-bonheur qu’on offre aux gens qu’on aime, pour leur souhaiter chance pour toute une année et pour célébrer les joies du printemps. On m’a appris aussi, que cette tradition date du 1er Mai 1561 et qu’on le doit au roi Charles X qui décida d’en offrir à toutes les dames de la cour. Il a trouvé l’idée chouette et le lança comme habitude pour les années à suivre.

La vente de muguet dans les rues remonte pour sa part aux environs de 1936 avec l’avènement des congés payés, et c’est devenu la fleur de la fête du travail.
Je suis rentrée me recoucher et en me réveillant à midi, j’ai trouvé sur la table de mon chevet un bouquet de muguet.

Les Trottoirs de Paris

28 avril 2009

En bas de chez moi, il y a un des plus petits trottoirs de Paris. Les autres ne sont pas grands non plus, mais celui-là, il est vraiment minuscule. Il a toujours attisé ma curiosité.
Alors un jour que j’avais du temps à tuer et ne sachant pas quoi faire, une idée géniale m’est venue. Je suis descendue, je me suis posée sur le trottoir et j’ai décidé de rester pointée là quelques heures pour observer les passants…

8h00 du matin. Le trottoir est assez désagréable car on voit tous ces gens passer, yeux rivés sur le bitume, recroquevillés sur eux-mêmes, en proie au froid matinal. Ils marchent vite, l’un derrière l’autre, tels de petits soldats imaginaires, baillant, en s’évitant avec grâce et rapidité l’un et l’autre dans le croisement. Une dame pousse sa poussette tranquillement, derrière elle, une autre, bouge frénétiquement à droite, à gauche, cherchant une issue pour la contourner, des rictus d’agacement pleins le visage.
Les gens sont vraiment bizarres lorsqu’ils ne se sentent pas observés, livrés à eux-mêmes.

Vers 10h, ça se calme. Pendant une demi-heure rien d’intéressant à signaler, à part une petite vieille avec son petit chien tout bouclé, qui dépose avec la plus grande insouciance à mon égard, sa crotte, 10 mètres plus loin de mon poste d’observation.
Il part enfin, paniqué, par le boucan du pot-carbone d’une grosse moto qui essaye de se garer. En vain, c’est trop petit. Le motard bien embêté repart.

12H. Enfin la vie sur le trottoir reprend. Trois copains, plutôt beaux garçons d’ailleurs, avancent dans ma direction. Ils se mettent en file et haussent leur voix pour s’entendre parler. Arrivés à mon niveau, ils pouffent de rire. Allez Messieurs, arrêtons de faire les guignols s’il vous plait. Si vous croyez que ça marche comme technique de drague, vous avez tout faux.
Un couple marche enlacé. Alors eux deux c’est drôle, car refusant de mettre fin à leur fusion corporelle, le garçon est bien obligé de traîner un pied sur la chaussée et un autre sur le trottoir.
Juste après un petit garçon roule à toute allure sur sa trottinette. Je m’écrase contre le mur. Sale petit morveux…
Et enfin, la fille du bureau d’en face, sort pour la énième fois fumer sa clope. Depuis la loi anti-tabac, les clopeurs font désormais partis de nos trottoirs.

Et vous, des observations ?

Garçon Voiture Garçon

22 avril 2009

Ça me rappelle une histoire datant d’il y a quelques années. Un garçon un peu paumé qui un jour se réveille à son heure habituelle de l’époque, 13h 13h30. Se boit petit café en essayant se rassembler. Se rappelle soudain que sa voiture la veille il l’a garé mal, sur une place livraison voir pire encore handicapé. Dans sa rue un peu plus haut. Se disant qu’il se lèverait tôt le lendemain matin pour lui trouver une place décente. Alors là doit être dans les 14h, belle journée de printemps garçon hirsute mal réveillé se précipite à sa fenêtre et là, vision surnaturelle, plus haut dans la rue, voiture comme en lévitation. Temps suspendu l’espace l’instant magique : fière mécanique les quatre roue en l’air dominant le monde de son vol magnifique…

Mais non, magie s’effrite, voiture reprend dérisoire rotation pour venir délicate se poser sur camion, bras robotique articulé méchant. L’implacable bonhomme précis à la manœuvre. Alors garçon mal habillé mal réveillé à l’air hagard début panique descend en catastrophe. Par chance contractuelle encore postée dans voiture PPP à gribouillasser leurs sales petit carnets rose papiers. Garçon là paye une fortune PV car c’était bel et bien une place handicapé et voiture libérée redescend sur terre ferme. Journée mal commencée, comme brulé l’argent, jeté argent par les fenêtres, mais au moins le pire est évité: se taper un trajet en RER vers Grigny-le-boutonneux où ne sait quelle sordide banlieue lointaine récupérer voiture dans zone industrielle gris-noir bitumeuse fourrière.

Mlle H’s Guest : Fanfan